“De l’aube au crépuscule, je contemplais un paysage sublime : la chaîne himalayenne se déployait majestueusement sous mes yeux. Parfois, une lumière impromptue embrasait quelques instants la scène qui s’offrait à mon regard émerveillé et je prenais quelques images. Les « moments magiques » qui constituent ce recueil, tous saisis de la terrasse de mon ermitage ou à quelques centaines de mètres de là, sont le fruit de cette « attente sans attente », de l’harmonie de la nature se mêlant à la félicité de la méditation.
 
Il m’arrive de ne prendre aucune photo pendant des mois. Puis vient le jour où les personnages, le lieu et la lumière m’apparaissent de si belle façon que je ne peux résister à en capter une image, une offrande à tous ceux qui poseront leurs yeux sur elle.
 
Cartier-Bresson disait : «Les photos me prennent et non l’inverse.» C’est ainsi que je ressens les choses ; l’idéal est alors de vivre sur les lieux où l’on photographie, de sorte que le temps joue en votre faveur: qu’une scène exceptionnelle s’offre à votre regard et vous êtes présent.”
 
Matthieu Ricard – Extrait de Carnets d’un moine errant.
 
Passionné dans sa jeunesse par la photographie, Matthieu Ricard retrouve le chemin de cet art lors de son premier voyage au Tibet, lorsqu’il rencontre Dilgo Kyentsé Rinpoché, l’un de ses maîtres spirituels (voir photo). Au cours de ses séjours en Orient, la photographie est en effet un moyen d’immortaliser ses maîtres spirituels et leur environnement, préservant ainsi l’héritage du bouddhisme tibétain.
L’ensemble des droits photographiques de Matthieu Ricard sont reversés à Karuna-Shechen.

Updated/maj. 22-09-2021

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