Tableau de Gaby et retrouvailles sur Facebook

Je me suis révéillé en fin de semaine, comme d’habitude pas vraiment dans mon assiette. Mais après avoir vérifié si j’avais des messages de nos enfants, j’ai consulté ma page FaceBook. Et énorme surprise, je me trouve face à une toile, que je connaissais bien, de mon grand-père Gabriel Fournier. Elle avait été postée sur une page de groupe auquel j’appartiens “Tu es de Fontainebleau si…”

C’est une page qui se ré-ouvre sur un riche passé familial. L’illustration a été incluse avec la mention de l’auteur du poste, Jean-Luc Berge, que je connaissais pas. “Huile 1948. Gabriel Fournier. On voit le tramway, le fameux péril jaune à son terminus devant l’Hôtel de Londres”. Mon plaisir de cette retrouvaille me faire cliquer sur  “J’adore” et je commente:

“Merci Jean-Luc de publier ce tableau de mon grand-père. Peint l’année de ma naissance. A droite figure ma grand-mère Mado. Dans le bâtiment à gauche habitaient des amis de la famille, “les dames Richard” comme on les appellaient. Lili et sa soeur Lulu m’accueillaient souvent chez elles. J’étais tout jeune, la dizaine, et de leur fenêtre je surveillais la place devant la Cour des Adieux du château de Fontainebleau, et notamment les cars de touristes.”

Mes souvenirs vont susciter de surprenantes et merveilleuses réactions. Mes enfants et amis d’aujourd’hui d’une multitude de milieux. Mais certaines d’une importance profonde.

Une certaine Blandine Lamaison me répond : “Les dames Richard! Sophie Richard, on parle de ta grand-mère!” Puis rajoute : “Êtes-vous le fils de Claire qui habitait Wimbledon?” Je lui confirme: “Oh, oui, affaire à suivre”.

Une autre dame, Caroline Jennet, qui m’est inconnue, réagit au post initial de M. Berge: “Oh Gabriel Fournier. Je me souviens de lui.” De plus en plus intriguant, je demande “Comment ça?” Elle me répond: “De mémoire si elle est bonne, ma mère était son toubib. Et ils s’appréciaient. Je lui téléphone de suite pour lui demander.” Alors que j’écris, j’attends sa confirmation, mais avouez que c’est une sacré découverte, une relation proche de mon grand-père, décédé en 1963.

Avec mes grands-parents à la Rue Saint Louis. J'avais 8-9, maximum 10 ans

Ces découvertes grâce aux algorithmes de Facebook me plongent dans ma jeunesse: les vacances de Pâques et d’été passées avec mes parents chez Gaby et Mado; avec mon cher oncle Blaise qui me faisait faire des tours en ville, entre ses genoux sur sa Vespa; de ma découverte du jazz, qu’il aimait tant, en tant que joueur de contre-basse, Parker, Armstrong, Monk, Sarah Vaughan… ; de ma découverte de la forêt domaniale et notamment le Mont Aigu quand j’accompagnais mon grand-père avec son chevalet; et de Mado qui ne cessait de me corriger mon “franglais”.

 

Revenons à ce groupe ‘Tu es de Fontainebleau si..’: Je découvre que Jean-Luc Berge n’a utilisé la scène de ce tableau parce qu’il est intéressé par l’histoire de l’ancien tramway de la ville. “C’est de cet endroit que partit pour son dernier voyage le 31 décembre 1953 le peril jaune avec aux commandes le chauffeur qui avait sérieusement arrosé l’événement et qui traversa la ville à fond les manettes et à fond la cloche qui faisait office d’avertissement. je tiens cette authentique anecdote de ma mère, présente à l’événement. Mais il peut y avoir erreur sur l’année 1952 ou 1953…”

Quelqu’un d’autre, François Ladan, veut le corriger : “Non, il venait de la gare et a été “pris en charge” par le GAB (Groupement Artistique Bellifontain” (…) à la place de l’Etape, le forçant à rouler au pas, car M. Napoléon du GAB avait sa voiture devant le peril jaune, d’où sortait la Marche Funèbre de Chopin. Sur les marches dudit tramway, il y avait d’autres membres du GAB, habillés de noir, porteurs de couronnes mortuaires.” M Ladan rajoute : “Le terminus n’a jamais été devant l’Hôtel de Londres. Il était toute l’année (sauf pendant les mois d’été) Place Denecourt, au pied du fameux Taureau de Rosa Bonheur, et pendant les mois d’été il se trouvait Boulevard Magenta”.

L’historique et les anecdotes se poursuivent dans ce fil de Facebook. J’étais à cette époque très jeune enfant, je me souviens peu du tramway, que des rails restés dans les chaussées.

Au cours de ces échanges, un autre Monsieur, Jean-Pierre Hubin, revient sur le tableau: « Je le cherche désespérément ce tramway? Princesse Flo, sa petite fille pourrait nous éclairer. » Nouvel étonnement et je lui répond: « Florence, ma cousine ». Fille de mon oncle Blaise, que j’ai perdue de vue depuis plus d’une dizaine d’années.

Je reviens le lendemain sur ces étonnantes découvertes en explorant comment Madame Blandine Lamaison avait eu des liens avec ma famille, et la famille des « Dames Richard ». En message personnel elle m’éclaire (jeu de mots naturel!!) :


« Claire Fournier était une amie de Annie Tricard, mariée Côte. Toutes les deux avaient dansé à La Sylvaine. Il existe aussi un livre formidable de Denise Lézier (Hôtel du Palais). J’en ai un exemplaire à la maison, rue Saint Honoré à Fontainebleau. Blaise Fournier? J’ai connu aussi. En 1973, il a fabriqué dans son imprimerie, une vraie fausse carte d’étudiante pour moi (😜😄🤣) qui m’a permise de prendre un vol vers le Rwanda où travaillait mon frère. Vol à prix réduit par la Sabena! Comme ça a marché, il en a fait une pour ma sœur qui y est allée après! 1973. Le prénom Blaise me fascinait. Blaise Fournier, l’artiste discret, me fascinait aussi, du bas de mes 17 ans. 13 ans plus tard, j’appelais mon 1er né Blaise. Je me souviens aussi être allée a Wimbledon rencontrer Claire que je ne connaissais pas. Elle m’a beaucoup impressionnée. J’étais en 1 ère année à la RAD. J’ai aussi déjeuné avec son mari, sur le point de devenir Directeur de St Martins School of Art. Je me souviens avoir rencontré briêvement leur fils, ou l’un de leurs fils, qui était au LFCDG. J’ai su que Claire était décédée sans jamais l’avoir revue. Et Blaise, je ne sais pas. Je vis à Londres depuis 1975. »

 

Ma réponse :  » Merci pour cette réponse qui fait remonter bp de souvenirs de famille. Je me souviens qu’à une époque Maman parlait beaucoup de Annie Tricard. Je suis toujours en contact avec Denise Lézier, une des plus fidèles amies des Fournier et des Ransom. Blaise était mon parrain et m’était très cher. Décédé trop tôt d’un cœur qui a flanché. J’aime cet anecdote de lui « faussaire ». Nous étions 3 fils à Wimbledon, moi, Lawrence et Francis. Nous avons tous été au Lycée Français. Oui, notre père Gordon a fini sa carrière Head of Graphic Design à Saint Martins.

Nous avons perdu nos parents, Papa très tôt d’abord en novembre 1986 d’une tumeur au cerveau, puis Maman, en 2006 de problèmes cardiaques, elle aussi comme son frère. Mon frère Lawrence, qui habitait en Lot et Garonne avec nous sur la propriété qu’avait acheté notre père, est lui décédé en 2016. Devinez comment? Arrêt cardiaque conséquence d’un traitement anti-cancer.

Francis a beaucoup fait la navette entre GB et France, et a maintenant abandonné, dégouté, l’Angleterre. Il est au Liban.

Vous avez traversé la Manche la même année que moi, mais dans l’autre sens – pour épouser Paulette, une belle aquitaine!! Tous deux à la retraite (moi ancien journaliste radio et scientifique, Paulette éducatrice spécialisée), avec deux enfants et 4 petits enfants.

Que je vous rassure: à part un diabète sous contrôle, nous allons bien et vaccinés contre l’affreux virus. Je termine avec cette vague impression (“a very faint recollection”) qu’on avait à Wimbledon évoqué une certaine « Blandine ».

Bien cordialement, Martin, toujours Bellifontain de cœur – qui lui, bat bien, pour l’instant. M »

Classe de danse 1930 à laquelle participait ma mère. Image fournie par Blandine Lamaison. Là quelque part ? Probablement dans le petit groupe assis au fond à gauche car en 1930 ma mère avait 9 ans.

Prochain épisode à suivre..

Updated/maj. 29-03-2021

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