Rappel d’un post sur FAB il y a deux ans.

Le décès de Jacques Chirac marque bien la fin d’une époque, de nature politique mais également celle d’un journaliste.

Je ne l’avais jamais rencontré mais, en tant que monteur avec ciseaux et collant, j’avais du éditer des centaines d’enregistrements, des bobinos 5 pouces, des kilomètres peut-être au fil des années de bande magnétique, rapportés, renvoyées par ligne à la rédaction de Sud Radio par Christian, Jean et les autres journalistes de Sud.

Dans la petite cabine rue Caraman ou celle de la Place Alphonse Jourdain – la «cage à lapin» – je m’isolais pour découvrir les dernières phrases de l’homme et choisir les plus pertinentes.C’était aussi l’enregistrement des discours pour en choisir les phrases essentielles du Maire de Paris, du Président.

Plus qu’un souvenir visuel, c’est donc le son de sa voix, grave, solennelle, et les respirations entre les phrases qu’il fallait respecter au montage, qui me restent toujours audibles en tête.
Parfois le reportage nous arrivait peu de temps avant le journal. Avec ou sans instructions du collègue qui l’avait questionné, il fallait monter l’extrait au plus vite, avec respect mais malheureusement souvent réducteur, pour l’integrer dans le conducteur du JT.

Et y adjoindre une phrase de lancement écrite à la main ou dictée dans le casque pour le présentateur, Christian Granger, Pierre- Louis Basse, Josiane Plantier… des moments de joyeuses tensions, de radio « sur le fil ».

Enfin, c’est en tant que correspondant pour des radios anglaises ou américaines que j’ai dû relayer ces mêmes déclarations de Jacques Chirac, en y faisant aussi des montages et traductions.

En voyant la cérémonie de Saint Sulpice, c’est donc très ému que je pense à cette époque, fier de l’avoir vécu et surtout d’avoir côtoyé de si près cette voix de Chirac.

[Photo de Libération]

Updated/maj. 30-09-2021

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