Francesca Woodman-2

22 ans. C’est l’âge qu’a choisi Francesca Woodman pour quitter la terre et rejoindre celle des anges en plongeant de son balcon à New York, le 19 janvier 1981. Du haut de son très jeune âge, elle aura pourtant marqué à l’indélébile l’histoire de la photographie – jusqu’en 2016.

Ses autoportraits en noir et blanc, célestes. Inspirée par les maitres du surréalisme, de Man Ray à Breton dont elle lit les pages très jeune, elle en retiendra probablement cette phrase, tirée de Nadja : « La beauté sera convulsive ou ne sera pas. » L’envie de quitter le monde réel l’a toujours hantée. De fait, Francesca immortalisera plus d’un millier de fois son corps à demi nu.

Légèrement surexposé, vêtu de robes transparentes ou ballantes, caché derrière un arbre, tronqué par un miroir, collé au mur de son appartement dépouillé, son corps désexualisé sous tous les angles étonne autant qu’il touche : il se met en scène, sans pudeur et déjoue les lois de la pesanteur.

Légendé de quelques mots énigmatiques, chaque portrait évoque son envie prophétique de s’échapper du quotidien. Obscène ? Pas plus qu’un selfie passé sous un filtre Instagram. Si Francesca Woodman fascine encore aujourd’hui, c’est que son œuvre fulgurante, comme une queue de comète, raconte notre boulimie de l’image et de l’immortalité mieux que personne.

Suite de la galerie (Galeries crée le 12/01/2018)