Je suis binational, d’origine, de naissance, d’esprit, et de toute une vie. Rien ne m’enlèvera ma double identité.

Je vis également, comme nous tous dans un monde multi-linguistique. Aucune langue n’a de priorité sur une autre. Simple constat: certaines langues sont plus partagées/parlées à travers le monde. Dont l’anglais et le français.

Que l’Académie française (soit, pour nos lecteurs anglosaxons, the “French Academy” ) s’insurge sur la conception des nouvelles cartes d’identité nationales parait d’une étroitesse d’esprit étonnante qui lui dessert.

L’historienne Hélène Carrère d’Encausse (born on in Paris) fait siens ces mots de Camus : “Ma patrie, c’est la langue française.” C’est tout à son honneur. Mais rappelons quand même que la secrétaire perpétuelle de l’Académie n’est devenue française qu’à sa majorité, mais qu’elle ne nie pas, jusqu’à la francisation de son nom, ses origines caucasiennes. Issu d’une famille géorgienne au nom de Zourabichvili.

Fière d’être français(e), oui, mais ne pas être ouvert au monde, surtout dans le contexte des administrations nationales dans leurs langues, et de gens à l’étranger qui ne comprennent peut-être pas le français, est un signe d’aveuglement aux réalités du monde, et j’ose dire d’une prétention patriotique / voire ultra-nationaliste, inouïe.

Circonstances atténuantes ? Que cette fausse polémique surgisse dans une période pré-électorale, dans laquelle l’identité nationale est au cœur des débats, surtout à droite, n’est pas une coïncidence. “It’s not a coincidence”. A suivre.

Updated/maj. 07-01-2022

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