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Article de PREMIERE le 17/5/2021 – Film vu le 27/11/2021

Un portrait de femme à la sensibilité renversante signé Ludovic Bergery

Si elle était apparue l’an passé dans Merveilles à Montfermeil, voilà neuf ans qu’Emmanuelle Béart n’avait pas tenu de premier rôle sur grand écran. Comme si elle en avait fait son deuil. Et puis Ludovic Bergery est arrivé. Avec un film sur un personnage, elle aussi à un moment crucial de sa vie. Elle s’appelle Margaux. Elle s’est mariée très jeune avec un homme plus âgé qu’elle, avec qui – comprend- on vite elle n’avait plus de relation charnelle depuis longtemps – et qui vient de mourir. La voilà donc confrontée au deuil tout comme à une certaine liberté retrouvée. Mais redonner vie à son désir et réapprendre à désirer l’autre n’a rien d’un long fleuve tranquille. Ludovic Bergery le raconte ici dans un parfait mélange de pudeur et de crudité, d’humour et de tristesse. Un sublime portrait de femme debout, comme vivant une nouvelle adolescence mais chargée d’un passé qui pèse des tonnes. Le scénario n’est jamais condescendant avec son personnage. Et son regard de cinéaste sur celle qui l’incarne obéit à la même logique. Il n’a nul besoin de pousser dans ses retranchements Emmanuelle Béart tant elle maîtrise son sujet jusque dans ses moindres fêlures.

Et comme spectateur, quel bonheur de reprendre le fil d’une conversation arrêtée 9 ans plus tôt et qui relie la Manon de Claude Berri, la Nathalie d’Anne Fontaine, la Marie des Enfants du désordre, la Marianne de La Belle noiseuse, l’Ingrid de J’embrasse pas, la Camille d’Un cœur en hiver ou la Nelly si chère à Monsieur Arnaud. Toutes ces femmes l’ont conduite vers Margaux. Et voir une comédienne à ce point s’abandonner émotionnellement et physiquement mais sans jamais perdre le contrôle se révèle particulièrement fascinant.

Updated/maj. 28-11-2021

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