Ce site émetteur a porté nos voix pendant des décennies. Bien triste de constater sa fin

LA DEUXIÈME FIN DE SUD RADIO EN PRINCIPAUTÉ D’ANDORRE

Post de René Girma le 18 décembre 2021 sur sa page Facebook : Le projet est dans l’air depuis de longs mois : transformer l’ancien émetteur de Sud Radio au Pic Blanc en Centre Résidentiel de Médecine du Sport en altitude.
L’association « Velles Cases » de Claude Benet, qui défend le patrimoine regrette le manque d’ambition de l’Etat et propose que le bâtiment de Sud Radio et celui de Radio Andorre puissent être déclarés ”bien d’intérêt culturel protégé par l’Unesco”

Le journal ”Bondia” publie deux articles en voici la traduction automatique.


Velles Cases juge “honteuse” l’inhibition de Cultura avec Sud Radio
Écrit par A. Luengo

“Non seulement on cède un bien à un particulier, mais on paie 400 000 euros pour garder l’appartement propre”, précise Claude Benet.
“Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve. Cela m’a pris par surprise, je pensais que le projet de centre sportif était mort, appelez-moi naïf, et maintenant je m’en occupe. C’est terrible, malheureux et embarrassant.”
Naïf, un peu, oui, après que le gouvernement a déclaré le projet d’intérêt national, mais c’était la réaction hier du président de Velles Cases, Claude Benet, à la nouvelle qui fait définitivement tomber le rêve de l’entité de promouvoir une candidature de Radio Andorre et Sud Radio pour le patrimoine mondial. L’exécutif a décerné mercredi la vidange de la gare centrale du port dans le but de maintenir le complexe propre afin que les futurs locataires, Bomosa, puissent y construire le Cramea.
Et au passage il a mis la dernière clé sur le cercueil de la candidature. Sud Radio va disparaître du Pic Blanc. La carcasse restera, mais tous les meubles, y compris les grands radiodiffuseurs des années 1960 et 1970, seront retirés.
Ce sera un sarcophage sans rien à l’intérieur. Une momie. Le fantôme de Sud Radio.
D’où la colère de Benet contre le ministère, qu’il n’a pas cherché à camoufler, et qu’il accuse d’avoir été inhibé : la gestion de ce patrimoine. Non seulement il ne s’est pas conformé, mais nous le transférons à des particuliers et nous payons 400 000 euros pour garder l’appartement propre.
C’est pourquoi je suis attristé par la performance du ministre. Plutôt avec la non-performance. En effet, il l’accuse d’avoir méconnu l’article 34 de la Constitution, selon lequel l’Etat doit garantir la “conservation, la promotion et la diffusion du patrimoine historique”. Benet est dévastateur : « Je suis désolé de dire qu’aucun effort n’a été fait dans cette affaire.
Nous avions deux grandes stations sur un territoire relativement petit. C’est absolument exceptionnel et c’était une attraction touristique potentielle qui n’a pas été tentée d’être exploitée. Au lieu de cela, nous laissons tomber. »

Et Radio Andorre, quoi ?

Concernant l’expertise des experts qui ont déterminé en 2015 que le complexe Sud Radio n’avait aucune valeur technique ou patrimoniale – Jean Clergue et Sylvain Athiel, ce dernier auteur du roman Aquí Radio Andorra et l’âme du musée de Radio Andorra, finalement stationné – Benet a également déclaré: “Nous avons des experts dans le pays avec suffisamment de connaissances pour évaluer cet extrême, et pour le faire avec une sensibilité que les experts étrangers n’avaient probablement pas.”
Le problème, soutient-il, est que le ministère « n’a pas de plan clair. Le patrimoine est un bien qui doit être exploité et non aliéné. Il n’y a pas que Sud Radio.
Ce gouvernement ne sait que faire de Radio Andorre, où des centaines de milliers de personnes ont été enterrées, sans parler des millions d’euros depuis 2014, qui a changé d’avis deux ou trois fois et désormais personne ne sait quoi dire se convertira.
Cette indétermination, ce manque d’enthousiasme est sans espoir. C’est pourquoi je trouve ça marrant qu’on vous demande votre avis sur le fameux Livre blanc et que vous voyez qu’ils parlent de l’horizon 2030 ! S’il te plaît!
A ce rythme, que restera-t-il du patrimoine dans huit ans !? »
Et la dernière balle qu’il garde est tout aussi blessante : « C’est encore un paradoxe que d’une part cet héritage se perde et d’autre part du ministère lui-même, et à travers l’ENA, la pièce de Radio Andorra qui sera créée demain aux Fontetes. .
Nous semblons préférer le monde virtuel au monde réel. »

Un travail colossal à faire

La mola de Sud Radio est un grand naufragé à 2 650 mètres du Pic Blanc, qui a fait de la station “la plus haute d’Europe”, comme le disait la publicité de la station.
Dans l’appel d’offres lancé par la Sofirad, la société française propriétaire de la concession qu’elle diffuse depuis 1958 sous le nom de Radio des Vallées (d’abord depuis Encamp puis depuis Casa Felipó, dans la capitale) pour se lancer sur Radio Andorra, deux projets ont été présentés : l’un simulait la silhouette d’un avion ; l’autre, celui d’un navire. Le bâtiment a coûté 12 millions de francs et l’ensemble est un monument de grandeur, et ce n’est pas un hasard si la Sofirad était une société d’État. Il s’agissait de laisser le pavillon français haut, et c’est pour cette raison qu’un emplacement spectaculaire, incomparable, unique a été recherché. Quoi qu’il en coûte. Les deux émetteurs monumentaux (un Thomson CSF de 300 kW et un Thomson CFTH Houston de 600 kW) occupent une grande partie des 580 mètres carrés de la salle des machines. Il en existe un troisième Brown Boveri, plus petit, de 50 kW, qui sera probablement le seul restant dans le Pic Blanc. Sud Radio, en somme, diffusée de 1964 au 6 novembre 1981.


Décontaminer et “décaper” Sud Radio coûtera 400 000 euros

Il doit être livré à Bomosa et seuls des éléments de l’espace muséal seront conservés.
Le sort de Sud Radio est décidé : le gouvernement a adjugé hier pour un peu plus de 400 000 euros la campagne de décontamination de la station historique de la tête du port. L’intervention comprendra l’enlèvement de tous les meubles et de toutes les machines du bâtiment.
De tous, sauf celui qui a décidé de garder in situ pour le futur espace muséal prévu dans le centre résidentiel de Medicoesportiu Height (Cramea) que Bomosa envisage d’y construire à partir de 2024.
Le porte-parole n’a pas précisé hier, mais le mandat du ministre de la La culture en 2015 à Jean Clergue et Sylvain Athiel se définissait comme un espace « limité » où pouvaient s’insérer des pièces comme le plus petit des trois émetteurs ayant survécu à ce jour : un BBC de 50 kW datant de la fin des années 50. Tout le reste partira Pic Blanc plus tard que tard,
Ainsi s’évanouissent les derniers espoirs de Velles Cases et de l’association active des vétérans de Sud Radio, qui rêvaient de faire de la station l’un des axes d’une hypothétique candidature au patrimoine mondial.
L’autre devait être Radio Andorra, bien sûr. Eh bien, tout cela ne sera plus. Le conseil a très probablement été donné par le rapport d’expertise de 2015 et Cramea, à qui la Cour constitutionnelle a donné son feu vert il y a un an et demi. Le doute est maintenant là où finiront les ordures, comme les deux grandes stations au premier étage de Sud Radio, la Thomson CSF de 300 kW avec laquelle la station a commencé à émettre en 1964, et la Houston CFTH de 600 kW qui a été ajoutée en 1972. Ce sont deux véritables patracols qui contiennent très probablement des traces d’amiante et d’huiles minérales, mais une chose est qu’elles étaient communes à d’autres gares ouvertes dans les années 1960 en Europe et ont également été conservées in situ et l’autre est qu’elles doivent aller directement à la poubelle.
De toute façon, ils ne resteront pas là-haut. Les groupes électrogènes du rez-de-chaussée non plus, initialement conçus comme des propulseurs sous-marins.


Commentaire de Sylvain Athiel :

Intéressant mais pas tout à fait exact.
« L’expertise » (je dirais plutôt l’avis) évoquée consistait, puisque l’idée d’une sauvegarde totale du bâtiment du Pic Blanc était clairement rejetée, à sélectionner pour les sauver les éléments les plus précieux de l’installation (ça démystifie et contredit le discours ambiant, mais les objets « rares » y sont en réalité peu nombreux). Cette « sélection » était donc l’idée la mieux adaptée à la situation face à une stratégie annoncée et revendiquée de destruction totale ! Dans tous les cas, au moins, quelqu’un tentait quelque chose et nous n’étions pas très nombreux à nous battre ailleurs que sur les réseaux sociaux et dans la presse…
Claude, que j’estime profondément, pousse des cris d’orfraie aujourd’hui … Il sait pourtant bien que ce n’est pas aussi simple : a-t-il oublié l’immobilisme abyssal dont a fait preuve le gouvernement dont il fut pourtant ministre, il y a quelques années, en réponse à mes (nos) très nombreuses sollicitations pour défendre ce patrimoine ?!
Enfin, s’il y a de véritables experts en la matière en Andorre force est de constater qu’ils se sont toujours particulièrement bien cachés ou contentés d’adapter impunément des extraits de mon livre ou de mes projets.
Je n’ai pas à démontrer mon attachement et mon investissement personnel pour cette Histoire, mais j’avoue avoir cessé le combat face à une longue succession de personnels politiques aussi peu mobilisés les uns que les autres par le sujet et paralysés par des postures exacerbées par les enjeux locaux.
L’Andorre reste un endroit formidable pour le ski, le tabac et les rebaixes !

Updated/maj. 22-12-2021

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