Cette semaine dernière, mardi, la Grande Bretagne s’est réveillé avec le pays dans de nouvelles mains, celles du Roi Charles III, mais le Gouvernement lui, n’a pas changé. Après la trêve du deuil, la politique a repris ses droits avec un déchainement d’annonces et de critiques.

La Grande Bretagne fait face à des conditions financières et sociales calamiteuses, et les mesures annoncées de la nouvelle première ministre Liz Truss (dont les interviews ne cessent d’être ahurissants et font à la limite regretter Boris!) n’apaisent pas le climat. L’apothéose a été le vendredi lors de la présentation d’un mini-budget présenté avec une baisse généralisée des impôts de 1% comme “équitable pour tous” mais en réalité d’une injustice criante.

Le Ministre Kwasi Karteng et son buget "fair for all."

Un nouveau mot est apprue : la “Kakistocracie” (/kækɪˈstɒkrəsi/, /kækɪsˈtɒ-/) du nom du Chancellier de l’Echiquier (Ministre de l’Economie et Finances): “Kwasi Kwarteng – définition : “un gouvernement conduit par les pires, les moins qualifiés et les plus sans scrupules des citoyens“.

 

Beaucoup de gens, même des conservateurs, ont approuvé cet avis largement partagé sur les réseaux sociaux : “Avec l’abolition du taux d’imposition maximal, certes je serais plus riche en fin d’année mais j’attendrai toujours 24 mois pour être soigné dans les hôpitaux et les plus démunis seront encore plus pauvres“.

Après l’annonce des mesures, qui font la part belle à des baisses d’impôts jamais vues, soi-disant pour relancer la croissance par le haut mais non financés sauf par accroissement de la dette nationale, la livre sterling s’est effondré à un niveau historique, les instituts de prévision économiques ont annoncé une augmentation des taux d’intérêt, accélération de l’inflation au delà de 10% et une dette nationale qui deviendrait ingérable.

Il faut se rappeler la situation de la Grande Bretagne en 2015. C’était il y a pas si longtemps : c’était l’entente avec l’Europe, et des amis à travers le monde. Des accords commerciaux qui assuraient l’avenir. Et cette semaine la Première Ministre avouait qu’un accord commercial avec les États Unis n’était “pas pour demain” alors qu’avant le Brexit “ce serait fait dans la journée”. Sont arrivés ces messieurs/dames Johnson, Cameron, Gove, Patel, Raab et bien d’autres qui ont renversé la nation avec le Brexit.

L’ancien conseiller de Boris Johnson, tombé en disgrâce, Alistair Campbell,  a pondu vendredi un mini-éditorial sur son compte Twitter avec lequel je suis entièrement d’accord.

"Personne qui a prêté attention aux extremistes du Brexit ne devrait être surpris de ce qui s'est passé aujourd'hui. Pour les "brextrémistes", le Brexit a toujours consisté à réduire les impôts des riches, à supprimer les réglementations pour les entreprises et à espérer que les guerres culturelles, les slogans et les conneries sur le nivellement dans le nord et les Midlands garderaient les non riches détournés. Truss en est prisonnier et Kwarteng est un vrai croyant. Aucun de ces compagnons de lit ne pouvait se soucier des personnes confrontées à la crise du coût de la vie. De plus, le Brexit est l'une des principales raisons pour lesquelles la livre s'est effondrée et la croissance a été si lente. Rachel Reeves (député travailliste porte parole pour l’Économie) a fait du bon travail en démolissant le plan que Kwarteng a présenté aujourd'hui. Mais aucune des principales affirmations des principaux partis en faveur de la croissance ne se vérifie à moins qu'elles n'incluent un plan pour résoudre le Brexit et tout ce qui va mal à cause de cela. Une chose est sûrement certaine cependant. Ces charlatans ont eu 12 ans et ont fait un gâchis total de l'économie. On ne peut plus jamais leur faire confiance. Austérité. Brexit. La corruption. Dévaluation. Trop c'est trop. Ils doivent être renversés."
 

Nobody who has paid attention to the extreme Brexiteers should be remotely surprised about what has happened today. For the Brextremists Brexit was always about slashing taxes for the rich, shredding regulations for the corporates, and hoping culture wars, slogans and bullshit about levelling up in the north and midlands would keep the non rich diverted. Truss is a prisoner of them and Kwarteng is a true believer. Neither of these bedfellows could give a toss about the people who are facing the cost of living crisis. Added to which Brexit is one of the main reasons why the pound has crashed, and growth has been so slow. Rachel Reeves did a good job demolishing the plan Kwarteng put forward today. But neither of the main parties’ claims to go for growth stack up unless they include a plan to fix Brexit and all that is going wrong because of it. One thing is surely certain though. These charlatans have had 12 years and have made a total mess of the economy. They cannot be trusted with it ever again. Austerity. Brexit. Corruption. Devaluation. Enough is enough. They have got to be toppled.

Autre témoignage : "Un chancelier qui ne connaît rien à l'économie. Un secrétaire à la justice qui ne connaît rien à la justice. Un secrétaire à l'environnement qui ne connaît rien du monde naturel. Un Premier ministre qui ignore tout de l'intérêt national. Les gens de ce pays en ont assez des non-experts. Dites-moi encore: les Tories sont bons à quoi?"

Le parti travailliste qui s’est réuni ce weekend a adopté une motion qui serait un élément essentiel de sa stratégie lors de prochaines élections législatives. La seule manière de changer de Gouvernement, de reprendre le pouvoir est de changer la loi électorale: au lieu du système de “premier au poteau gagnant”, la nation doit adopter la proportionnelle.

 

Updated/maj. 25-09-2022

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