« Quand je parle de complexité, je me réfère au sens latin « ce qui est tissé ensemble”. Les constituants sont différents, mais il faut voir comme dans une tapisserie la figure d’ensemble.

Le vrai problème c’est que nous avons trop bien appris à séparer. Il vaut mieux apprendre à relier. Relier, c’est-à-dire pas seulement établir bout à bout une connexion, mais établir une connexion qui se fasse en boucle. Du reste, dans le mot relier, il y a le “re”, c’est le retour de la boucle sur elle-même. Or la boucle est autoproductive.

À l’origine de la vie, il s’est créé une sorte de boucle, une sorte de machinerie naturelle qui revient sur elle-même et qui produit des éléments toujours plus divers qui vont créer un être complexe qui sera vivant. Le monde lui-même s’est autoproduit de façon très mystérieuse. La connaissance doit avoir aujourd’hui des instruments, des concepts fondamentaux qui permettront de relier et non de séparer ».

« La pensée complexe englobe les trois modes de pensée : critique, créative et responsable.

👉 Les critères de la pensée critique sont les suivants : guidée par des critères particuliers, guidée par les procédures, auto-correctrice et sensible au contexte.

👉 Les critères de la pensée créative sont : guidée par des critères parfois contradictoires, heuristique, orientée davantage vers les résultats, synthétique, gouvernée par le contexte dans lequel elle apparaît.

👉 Quant à la pensée responsable, c’est une pensée qui présuppose une communication, une ouverture à l’autre et aux divergences et une volonté de changement.

Le passage de la pensée simple (deviner, préférer, croire…) à la pensée complexe (proposer des hypothèses de solution, créer des relations, rechercher des critères, s’appuyer sur des justifications valides, s’auto-corriger…) n’advient qu’à la suite d’un apprentissage systématique et requiert un environnement adéquat… »

Extrait de « Introduction à la pensée complexe »

Updated/maj. 14-07-2021

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