La maison familiale est située à une centaine de mètres de chez nous. Ce sont nos plus proches voisins. Mais cette proximité est surtout dans le temps passé, et dans les souvenirs de Paulette.

Les Massou étaient ses proches voisins lorsqu’elle était jeune. Une grande famille d’agriculteurs sur plusieurs générations.

Mais Jean n’était pas resté “sur la terre”. Après ses études, il avait du quitter sans grand chose à lui, la maison familiale de Hautefage la Tour, pour s’installer avec sa femme à Saint Sylvestre sur Lot.

Paulette se souvient que toute petite, la première fois qu’elle avait vu un nouveau-né c’était chez Jean à la naissance de “Titou”, la dernière de ses quatre enfants.

Arrivant à Saint Sylvestre, n’ayant que peu de ressources, Jean été vaillant, en travaillant comme un forcené, jour et nuit pour améliorer son sort. Il avait crée une entreprise de maraichâge, et se passionnait pour les nouveautés et innovations. Il installait pour la première fois dans le département des serres en verre.

Il avait eu l’occasion de beaucoup voyager, de connaître le monde, souvent au Pays Bas chercher des nouvelles variétés de graines. Il s’était impliqué dans la vie local, devant adjoint au maire pendant longtemps. Il pratiquait le vélo, appartenait au club local, et chacun se souvenait que pour fêter ses 80 ans il a avait parcouru 80 kilomètres. Lorsqu’il revenait chez les parents de Paulette, il s’approvisionnait chaque fois avec une barrique de vin.

 

 

A sa retraite, Jean a été pendant des années le secrétaire départemental des Retraités Agricoles. Il avait été honoré pour son dévouement à ce travail.

Nous avons souvent rencontré Jean ces dernières années. Il était membre et doyen de l’Association Amassat, d’aide et de soutien aux personnes âgées, à laquelle Paulette et moi appartenons.

Au mois de juillet dernier

Nous le rencontrions lors des repas et des sorties. Au cours de nos conversations, il discutait bien et se souvenait avec beaucoup d’affection des familles de ses anciens voisins de Lascrozes.

C’était un délice de converser avec une personne aussi respectueuse, gentille, et humble. Il lisait beaucoup, et s’exprimait avec sagesse sur la vie et l’existence d’un manière très refléchie, et avec beaucoup d’humour. Depuis le décès de sa femme, il vivait seul et appréciait donc la compagnie et le soutien d’Amassat. Néanmoins, il craignait le passage du temps, qu’il exprimait ainsi : “Je ne veux pas vieillir avec un cerveau d’idiot“.

Jean Massou s’est éteint, à l’âge de 98 ans, hier matin à l’hôpital de Villeneuve sur Lot où il était hospitalisé depuis plusieurs semaines suite à une chute. La responsable d’Amassat Catherine Berichon écrit : “Son courage, son investissement dans l’association mais surtout sa gentillesse, son humour nous manqueront… Il était notre doyen et pour ma part je me disais souvent ‘J’aimerai bien être comme lui au même âge’.”

La messe s’est tenue le mardi 21 à 14h30 à l’Église de Saint Sylvestre.

A entendre son fils Jean-Pierre retracer la vie de son père, ainsi que les témoignages de sa famille, mon texte est bien maigre pour évoquer la dimension de l’homme, très profond, qu’était Jean Massou.

Updated/maj. 21-12-2021

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