Article trouvé une semaine après la disparition de Bluebelle. Publié le 5/5/2022 sur le site web AirZen Radio par Olivier Montégut.

Cette peine est méconnue et souvent peu acceptée par la société : celle de la perte d’un animal de compagnie.

Pourtant, les deuils ne sont pas comparables entre eux, tout comme les relations sont singulières que ce soit avec un être humain ou un animal. Nous aurions donc tort de juger, voire même de moquer celles et ceux qui vivent un moment difficile au moment du départ de leur animal, quel qu’il soit.

Un processus long

« Quand on perd son animal, on perd l’authenticité. Il s’agit des seuls êtres sensibles qui peuvent nous aimer sans condition et avec lesquels nous n’avons pas à tricher », explique Irène Combres.

Cette coach s’est spécialisée dans le deuil humain. Mais après la perte de plusieurs animaux de compagnie, elle a décidé d’accompagner aussi celles et ceux qui traversent la même chose.

Mais alors, comment passer cette épreuve ? Comme pour tout autre deuil, il s’agit d’un processus qu’il faut accepter et qui peut s’inscrire dans un temps plus ou moins long. « On peut néanmoins se rassurer en se disant que cette peine finira aussi par s’atténuer, sans pour autant dire que l’on oubliera notre être cher. »

Parler aux bonnes personnes

Mais avant cet apaisement, il y a toute une période où l’on peut se sentir désemparé : « Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime. Il est donc important, d’abord, de s’écouter soi, puis d’en parler à des personnes bienveillantes », conseille Irène.

Que faire alors de tous les objets ayant appartenu à l’animal ou nous rappelant des moments avec lui ? « Au départ, cela peut être rassurant de les avoir près de soi. Mais au bout d’un moment, je conseillerai de les ranger au même endroit, comme une boîte à souvenir vers laquelle on revient lorsqu’on en ressent le besoin », détaille Irène pour éviter de se laisser submerger. Certains accessoires, comme les paniers ou les laisses, peuvent même être donnés à des refuges.

Les funérailles peuvent-elles aider ? « Bien entendu, tout ce qui peut nous faire du bien est bon à prendre. Dire un petit mot, un chant, se créer un autel… pourquoi pas ? » s’interroge-t-elle ?

Se créer un moment à soi

Par ailleurs, que conseiller à ceux qui accompagnent leur animal en fin de vie ? « Nous avons la chance de pouvoir abréger leurs souffrances. Il faut donc profiter de chaque moment avant que cela n’arrive. Laisser aussi la place à l’animal de partir car, malgré la douleur, il peut rester plus longtemps lorsqu’il sent que nous ne sommes pas prêt », raconte Irène.

Enfin, sur la question des mentalités ? Il existe dans certains pays, comme au Canada, des entreprises qui offrent des jours de congés au moment de la perte d’un animal. Si nous n’en sommes pas là en France, il est important de mieux prendre en considération cette douleur, « ne serait-ce que par une bonne prise en charge médicale si besoin. Il faut que nos médecins généralistes soient sensibilisés à la question du deuil, y compris pour un animal », conclut la thérapeute.

Commentaire à Isabelle:

“Coïncidence : Exactement une semaine après notre perte de Bluebelle, je trouve votre article sur le deuil pour un animal de compagnie. Intéressant, certains aspects curieux, mais, je pense, traduction insuffisante du passage soudain de la présence à l’absence. (Que je ressens encore après la mort de mort frère il y a 6 ans.) Alors ma femme et moi cherchons à trouver un nouveau compagnon pour notre Ermès – qui après avoir cherché plusieurs jours – s’est résigné à cette disparition en étant, je le sens, encore plus affectueux. Comme s’il comprenait notre peine. A+

Updated/maj. 08-05-2022

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