Obsèques de Marcel Garrouste : “Le Lot-et-Garonne pleure un grand homme” – La Dépèche du Midi, publié le 08/09/2021
 
Environ 200 personnes ont assisté hier matin à Penne-d’Agenais aux obsèques de Marcel Garrouste en présence de nombreuses personnalités. L’ancien député est décédé dimanche 5 septembre à l’âge de 100 ans.
 
« Notre famille socialiste perd un militant exemplaire, le Lot-et-Garonne pleure un grand homme ». Dans la pénombre de l‘église du Mercadiel, Sophie Borderie, présidente du conseil départemental, termine son allocution. Les cœurs se serrent. Elle a retracé la vie exceptionnelle de Marcel Garrouste, celui « qui a montré le chemin ».
 
Maire de Penne-d’Agenais, conseiller général du canton de Penne de 1979 à 1982, député entre 1978 et 1986 puis entre 1988 et 1993, l’enfant de Trémons est décédé dimanche à l’âge de 100 ans. La flamme qu’il a allumée n’est pas éteinte.
 
Ce mercredi, jour des obsèques de cette figure tutélaire, il y a eu des paroles occitanes, des notes d’accordéon, des chants, des mots forts et une volonté affichée de poursuivre l’œuvre engagée de « cette personnalité hors du commun » pour reprendre l’expression de Pierre Camani. « Il a été pour moi un ami et un exemple », a confié l’ancien président du conseil départemental.
 
Maria Garrouste, son épouse, avait tenu à réunir d’abord tout le monde devant la mairie de Penne-d’Agenais. « C’est là, a-t-elle expliqué d’une voix chevrotante, où tout a commencé. Et c’est là où, il y a 30 ans, Gisèle Graf nous a mariés ».
 
« Aller à l’idéal et comprendre le réel »
 
Avant le discours de Pierre Camani, Bernard Barral a rappelé qu’avant l’arrivée de Marcel Garrouste à la mairie en 1971, « Penne, c’était des ronces ».
Sans jamais quitter du regard le cercueil recouvert du drapeau tricolore et en contenant son émotion, l’ancien conseiller départemental a salué « cet homme politique dur », sa « patience » et son ardeur à bosser les dossiers en profondeur, sans faire de bruit. Il s’est souvenu de la puissance de ses silences, a raconté des anecdotes qui, en ce jour de tristesse, ont arraché quelques sourires.
 
« Marcel Garrouste a eu la farouche volonté d’appliquer ses idées de justice sociale » a souligné Monique Rabin, ancienne députée de Loire-Atlantique qui a été marquée par cet humaniste. Avant le départ de l’église, un extrait du discours à la jeunesse de Jean Jaurès a été lu. « Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel »… Ce courage, Marcel Garrouste l’a eu.
 
À l’église, il a également été loué par Olivier Damaisin. Le député a confié avoir sur son bureau à l’Assemblée nationale le livre « Un paysan à l’Assemblée ». « Très souvent dans les longues soirées, je relis des passages qui m’apportent beaucoup dans mes réflexions ».
 
Enfin ses filles ont notamment évoqué sa formidable capacité de travail et son amour de l’Histoire. Maria, son épouse, a remercié chaleureusement.
Notre journal leur présente ses sincères condoléances.

Updated/maj. 22-11-2021

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